Changer de site, comment, pourquoi, épisode 2

Pour ceux qui ont raté le début, cette série d’articles vise moins à éclairer les collègues égarés sur le difficile chemin de la gestion d’un site Internet qu’à exposer au monde entier mes états d’âme. Oui je le reconnais, ça a tout de suite moins d’intérêt.

Bref il y a un épisode 1 qui se trouve .

Voulant profiter des compétences de notre service informatique (qui s’appelle i-médias de son petit nom, présent sur le web ici, ou encore ), nous avons rédigé un cahier des charges uniquement pour la partie site Internet de notre futur nouveau site (laissant de côté la partie Opac donc) que nous avons soumis à leur sagacité.

Là d’un coup on va se croire aux Césars car j’ai plein de remerciements à faire. Pour le cahier des charges un grand merci à la BU d’Angers qu’on ne présente plus et qui a eu l’amabilité de mettre son cahier des charges en ligne, ce qui m’a permis de le repomper intégralement m’en inspirer fortement pour mon brouillon, fortement aidée néanmoins par les cahiers des charges d’autres collègues mais qui me les ont passés un peu en loucedé, donc je leur dis merci mais sans les citer. Le document de la BU d’Angers avait cet avantage d’être orienté exclusivement “site web” et pas “portail” englobant tout, c’est à dire l’option que j’avais choisie.

Et puis bien sûr merci aux collègues d’i-médias qui ont pris la peine de relire mon brouillon et de le rectifier pour qu’il soit encore plus beau qu’il n’était déjà.

D’ailleurs, si certains d’entre vous souhaitent voir ce merveilleux document, qu’ils n’hésitent pas à le demander, autant que ça serve.

Et voilà que, coup de tonnerre, I-médias nous propose sur un plateau d’être notre prestataire de service et de réaliser notre site pour nous.

Bon, en réalité, ça ne s’est pas passé exactement comme ça.

Déjà, j’espérais un peu cette proposition, donc ce n’était pas vraiment une surprise.

D’autre part, ce sont pour l’instant deux collègues d’I-médias qui m’ont dit que “ça devrait pouvoir le faire” mais j’attends encore la validation du grand chef, qui lui-même est un peu occupé par tout un tas de choses relevant des éléments de contexte 2. Si vous avez lu ce premier épisode, vous savez que je suis sur le point de partir me la couler douce ; mon plus cher désir serait aujourd’hui d’avoir un accord ferme du grand chef et de pouvoir fixer un calendrier de travail pour la rentrée qui puisse déboucher sur une mise en ligne d’ici la fin de l’année 2012.

Enfin, pour les éléments techniques de la proposition, l’idée serait de nous faire une belle vitrine et de garder pour le moment et jusqu’en 2013 dernier carat notre opac tel qu’il fonctionne actuellement. Belle vitrine qui nous permettrait de fédérer les envies des collègues motivés, qu’ils appartiennent à des bibliothèques intégrées ou associées ; et de répondre aux demandes issues des usagers via notre enquête utilisateur (qui, si tout va bien, devrait faire l’objet de l’épisode 3).

Le logiciel utilisé serait K-Sup, logiciel dont on m’a dit beaucoup de mal lors de cette formation, mais comme je n’ai moi-même pas pensé que du bien de cette formation, j’aurais plutôt tendance à faire confiance à mes collègues d’i-médias qui m’assurent que le CMS répondra à nos besoins. Pour des exemples de sites de BU avec K-Sup, on peut regarder , ici ou . L’intéressant pour nous est aussi de nous inscrire dans une démarche de communication globale de l’Université, puisque plusieurs composantes et laboratoires bénéficient de la prestation d’I-médias pour la réalisation de leur site Internet avec ce même CMS (voir ici par exemple). L’écueil serait de devoir nous plier en 4 et abandonner nos besoins pour nous fondre dans un moule qui ne nous correspondrait pas ; pourtant les avantages d’un tel projet (gratuité + cohérence avec les autres acteurs de l’Université) fait fortement pencher la balance vers cette solution, d’autant qu’un excès d’optimisme me fait imaginer que nous pourrions assez vite être suffisamment autonomes pour adapter le produits à nos usages.

Pour finir ce billet, quatre petits liens vers des thématiques similaires:

- les billets de la BU d’Angers sur la rénovation de leur site web: 3 billets en ligne pour l’instant, ici, et

- les billets du SCD de Clermont sur leurs tests de compatibilité ABNet / Blacklight (qui m’intéressent fortement pour la 2e partie du projet), ici et

- un article fort récent répertoriant les sites de BU rénovés

- un billet au vitriol d’un collègue du SCD d’Artois.

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L’angoisse de la quiche devant la page blanche

Ce matin, j’ai passé l’épreuve de composition générale du concours interne de conservateur. Pour la première fois de mon existence.

Je ne reviendrais pas ici sur les raisons qui m’ont poussée à cette folie, je voudrais juste exposer ici la méthode que j’ai suivie étant donnée que je n’avais pour ainsi dire pas révisé un traître mot.

Avant le concours

 Je me suis bornée à lire un manuel pour essayer de savoir quel était le principe de l’épreuve: j’en ai tiré quelques enseignements :

- une copie doit être claire, c’est probablement ce qu’il y a de plus facile à faire, alors  faites apparaître intro, conclu et les parties du développemment, ça coûte pas cher ça vous aide, et ça aide le correcteur.

- découper son temps : 1 h pour le brainstorming, 1h pour le plan, 30 min pour l’intro et la conclu, 30 minutes pour les intro et conclu intermédiaires, 1h30 pour la rédaction, le reste pour se relire. à affiner selon les cas.

Ce n’était pas dans le manuel, mais ce que peu ou prou m’ont affirmé les collègues

- se détendre (en interne vous avez déjà un boulot normalement, donc moins d’urgences, en revanche on est susceptible d’avoir un point de vue, une grille de lecture, et quoi qu’il arrive même si l’épreuve vous invite à croire le contraire, vous serez lu par un collègue futur collègue )

J’ai aussi lu un Que sais-je? sur le service public et un autre sur la mondialisation du service public, dont j’avais à peu près tout oublié.

Le jour J

L’intitulé était “Le livre est devenu en occident un invariant de la culture, sa matrice, et c’est pourquoi l’idée de le perdre suscite  chez nous une peur primale” (Michel Melot, “Et comment va la mort du livre?” dans Demain, le livre, 2007)

Que vous inspire cette réflexion?

Mon parti pris

Bon, j’avoue que je suis partie bille en tête sur “peur primale” que j’ai aussitôt associé à “tribal” et partant à totem. Résultat, j’ai voulu à tout pris dégommer le totem.

Les grands oubliés: le patrimoine, la mémoire, la validité de l’information et j’en passe.

Sachant que j’ai tenté de déterminer si le livre était réellement une matrice dans le monde occidental et dans un second temps quelles pouvaient être les menaces et étaient-elles réellement menaçantes. A votre avis?

J’ouvre les paris ici.

Ouf la suite demain (si j’a le courage)

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Faire son marché

C’est parti, on a décidé de mettre en place un marché pour les eBooks (pardon les livres numériques)

Déjà, l’année dernière on avait mis en place un GT eBooks pour préparer la montée en charge des acquisitions de livres numériques au titre à titre.

A l’heure qu’il est, les sections de sciences et de médecine acquièrent déjà pas mal d’eBooks.

Pour monter le CCP , on travaille à la fois en groupe restreint (la responsable administrative de la BU, la responsable circuit du document et la responsable dokelek) et en GT élargi (les responsables de sections et des membres de bibs associés)

Quel cadre?

- on cible des acquisitions pérennes éditées en France et à l’étranger (pour l’instant un seul lot, voir plus tard en fonction des évolutions du marché si on peut pas faire un 2ème lot pour des abonnements)

- on veut pouvoir choisir nos titres à l’unité, tout en se réservant la possibilité d’acquérir aussi des bouquets.

Le CCP

Voici le CCP au stade actuel .

A ce stade on attend les derniers retours et puis on se lancera: évidemment, on sait bien que ce n’est pas parfait, et ce premier marché sera sans doute amendé très rapidement. En tout cas c’était, l’occasion rêvée de publier ça sur la biblioblogosphère afin de récolter les avis des uns et des autres.

Alors n’hésitez pas…

Sur demande, je peux éventuellement fournir par mail les critères dans l’annexe à l’acte d’engagement.

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Changer de site, comment, pourquoi?

Difficile article aujourd’hui, difficile mais nécessaire, car je ressens le besoin de faire un point d’étape dans le travail sur notre site Internet entamé il y a maintenant (presque) 1 an.

Actuellement nous avons terminé la phase de réflexion et avons entamé la phase suivante: action! Avec la réalisation et le dépouillement d’une enquête utilisateurs, avec le contact direct avec plusieurs prestataires différents, avec l’élaboration de plusieurs scénarios possibles.

Pourtant j’ai l’impression que le projet, ou plutôt moi toute seule, s’enlise dans la phase de réflexion et que je n’arrive pas à fixer des objectifs dans le temps, clairs, réalisables et satisfaisants. Peut-être que partager mes doutes en public me permettra de les lever?

Pour commencer, rappelons les 3 contextes dans lesquels je me trouve:

Contexte 1 (interne): chargée de mener un groupe de travail (et on ne pouffe pas dans le fond) sur la rénovation de notre site Internet , actuellement un portail (on ne pouffe toujours pas) fourni par le leader du marché, mis en ligne en 2003.

Contexte 2 (institutionnel): l’Université est d’une part en pleine période électorale. L’élection des 3 conseils a eu lieu la semaine dernière donnant un avantage suffisamment net à l’un des candidats à la Présidence pour que son challenger se retire de la compétition. Un renouvellement important de l’équipe dirigeante est donc en marche.

Parallèlement à cette actualité électorale, l’équipe chargée de la communication à l’Université a récemment mis le turbo sur une communication tous azimuts (et réussie à mon avis): changement de logo avec vote de tous les personnels et étudiants (et ouvert au public…), refonte de tous les outils internes et externes, investissement dans blogs (exemples ici ou ) et réseaux sociaux…et changement de site Internet à venir, avec une déclinaison graphique qui sera proposée aux composantes.

Et parallèlement à cette actualité électorale et communicationnelle, le Service Commun de Documentation est l’objet depuis plusieurs années d’un projet, d’abord de “grande bibliothèque” sur le campus, puis de “Learning Center”, au sujet duquel le personnel a été convié la semaine dernière à une journée d’étude dont vous trouverez les notes ici. Heureusement ou malheureusement (ça se discute), ce projet est devenu un enjeu électoral, l’un des candidats s’étant prononcé contre en des termes laissant relativement peu de place à l’interprétation, l’autre étant pour. Bon, c’est le premier qui a gagné…

Contexte 3 (informatique documentaire): il me semble (mais soyez plein à me contredire, je vous en prie) que les bibliothécaires français chargés de s’occuper des sites Internet de leurs institutions, en tout cas dans l’enseignement supérieur, sont pris dans une double contrainte, contradictoire évidemment sinon ce ne serait pas drôle:

1) Comme des lapins pris dans les phares, attendant avec sidération que sorte du chapeau d’on ne sait où (des avancées technologiques? des professionnels de la profession? d’ailleurs?) des nouvelles normes de descriptions des documents qui vont tout changer, rendre notre vie meilleure et nous permettre de trouver tout, tout de suite et en plus ce sera pertinent et en plus y aura de la sérendipité ;

2) Comme des hystériques, tressautant sur tous les moyens de communication numériques qui bougent: réseaux sociaux, applis mobiles, réalité augmentée, pour ne pas laisser échapper le public souvent enclin, il faut bien le dire, à zapper sa BU dans ses pratiques numériques.

Conclusion provisoire sur ces trois contextes: il est urgent d’attendre, mais il est urgent de faire quelque chose. Si je récapitule, le contexte m’incite à agir car:

- le site actuel est vieux et pourrait assez facilement être remplacé par un autre, ne serait-ce qu’une mise à jour de l’existant

- la communication de l’Université est en pleine effervescence et ce serait dommage de ne pas s’inscrire dans ce mouvement

- c’est le moment de proposer aux usagers des outils attractifs pour ne pas les perdre définitivement.

Mais le contexte m’incite aussi à attendre car:

- l’Université est en plein changement de gouvernance et la place donnée au Service Commun de Documentation dans la politique de la nouvelle équipe reste à définir

- l’informatique documentaire est en pleine évolution, de nouveaux outils apparaissent sur le marché français (les fameux Discovery Tools) sans que l’on ait encore du recul sur eux (ou bien des retours contradictoires), les nouveaux formats se font attendre mais attention! ils vont arriver et vont tout changer, des instances nationales nous promettent un avenir meilleur pour peu que l’on soit un peu patient.

Vous aurez remarqué cependant que le contexte interne, lui, m’incite à agir et non à attendre: notre site de 2003, c’est bon, on l’a assez vu. Oui d’accord mais pour faire quoi?

Il me semble au vu de ce que viens d’exposer (non? la démonstration n’était pas éclatante?) que la problématique “site Internet” diffère tout de même sensiblement de la problématique “chercher dans les ressources documentaires” (et je dirai Opac pour aller vite même si ce n’est pas correct). Comme d’autres je suis séduite par l’option Discovery Tool et cette promesse de taper un mot et de ramener tout ce qui m’intéresse et me sera utile ; mais j’ai bien conscience que les outils ne résoudront pas tout et que les bibliothécaires “ont un rôle à jouer dans la jungle informationnelle”. Donc s’en remettre entièrement à un outil imparfait serait dommage, d’autant qu’on a plein de compétences à valoriser y compris concernant les ressources numériques. Et si on ne les a pas ce serait relativement urgent qu’on s’y mette.

C’est pourquoi je suis actuellement partie sur l’option de déconnecter le site de l’Opac, donc de détricoter ce qui avait été brillamment tricoté par mes collègues au début des années 2000, de façon à nous diriger vers des outils qui pourraient évoluer facilement plutôt que de s’engager aujourd’hui dans une solution prévue pour durer 10 ans ; en effet, le triple contexte (voir plus haut), je ne sais même pas ce qu’il sera dans 2 mois…Changer de site maintenant, utiliser un CMS libre, inventer tous ensemble, dans notre gros réseau tout éclaté, des façons de dire / montrer ce que l’on fait, à quoi l’on sert, fédérer tout ça en virtuel et laisser pour plus tard (pas trop non plus) la partie Opac, laisser se décanter les nouvelles normes, les  nouveaux formats, les nouveaux outils et choisir le meilleur mais une fois qu’on aura bien appris, tout ensemble, ce que ça veut dire d’être présents sur le net et une fois qu’on aura choisi ce que l’on veut offrir.

Mais voilà je doute. Est-ce que les usagers vont s’y retrouver? Est-ce que mes collègues vont s’y retrouver? Est-ce qu’on ne va pas lâcher un relatif confort d’administration et de navigation pour se retrouver avec un machin que personne n’aura le temps ni l’envie de faire vivre, et qui va vieillir avant même d’être en ligne? Est-ce que je vais faire perdre du temps et de l’argent au SCD, à l’Université, au contribuable? Et pourquoi une décision après tout pas si importante (c’est vrai quoi, je décide pas d’envoyer des troupes en Afghanistan) m’empêche de dormir?

Peut-être que j’ai juste besoin de partir en congé maternité…

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Pourquoi tenir un blog?

par Rob Van Hilten (licence CC)

La question m’a longtemps taraudée, et tout en y songeant, j’ai eu le temps d’ouvrir 2 ou 3 blogs différents (vous pouvez vous amuser à les chercher, vous verrez c’est un parfait contre-exemple de gestion de réputation numérique), j’ai eu le temps de les laisser mourir, et de les oublier, sans jamais réussir à trouver des raisons convaincantes à leur tenue.

Parmi les arguments qui dominaient mon indécision, on trouve quelques poncifs tels que:

  • je vais me ridiculiser
  •  je n’ai rien à dire qui n’ait déjà été dit (mais alors pourquoi je suis si bavarde dans la vraie vie)
  • je vais participer à l’infobésité
  • j’ai une orthographe épouvantable.
  • écrire un blog sur quoi d’abord?

La raison manifeste est pourtant toute autre: une sacrée flemme couplée à la peur de ne pas y retrouver mon écot.

Oui,  c’est moche.

Mais voilà, il y a 15 jours j’ai été voir une conférence organisée par la Médiathèque de Poitiers et animée par Pascal Desfarges, avec l’intempestif Thierry Crouzet sur la thématique  “L’impact du numérique dans nos relations humaines”. L’air de rien cette rencontre a secoué mes vieilles connexions et j’ai quelque peu évolué dans mes considérations.

La conférence en elle-même était un troublant moment d’humanité: j’y ai senti une tension étonnante pour une conférence de fin de journée en bibliothèque. Le numérique est là, dans nos vies, tout aussi matériel que notre cuisine ou notre salle de bain, il remplit ses fonctions, quand bien même seraient-elles encore à définir, et quelques en soient les modalités. Mais le numérique désempare surtout: on ne sait pas comment l’utiliser, les bonnes et les mauvaises pratiques (morales, techniques, économiques) se croisent sans jamais faire l’unanimité. Bref, le débat était au rendez-vous.

Et dans ce joyeux bazar que représente le web, qu’est-ce que propose Thierry Crouzet? il nous invite à créer encore plus de liens: et c’est là, dans cette proposition finalement assez simple, que j’entrevois ma petite révolution.

Créer plus de liens, c’est quoi?

Créer plus de liens, c’est avant tout créer du contenu. C’est poser une trace, sa propre trace qui dessinera un morceau du territoire web. Et surtout, c’est proposer ses propres chemins vers d’autres contenus. C’est oeuvrer pour créer le web.

Créer plus de liens pourquoi?

Parce que le jour où Google nous aura rendus tous accrocs, il fera payer le service. Et ce jour-là, on sera content d’avoir participé à des blogs, des wikis, des sites qui créent d’autres chemins que la voie impériale “Google”. “Créer des chemins d’individuation” pour citer Crouzet.

Et si je ne suis pas lue?

C’est que tu es une grosse quiche!! Oui, mais une grosse quiche qui tient un blog, c’est déjà presque une tarte et derrière on sent pointer la patisserie, voire la cerise sur le gâteau; quand la guerre de Google contre tous sera déclarée. Oui, parce que Google sera bientôt (en fait l’est déjà) l’équivalent de nos agences de notation, ceux pour qui on vendra pairs et maires.

Non, sans rigoler, si je ne suis pas lu(e), ce n’est pas grave, puisqu’il s’agit de réaliser des circuits parallèles qui nous serviront bientôt, quand Google sera vraiment méchant.

Pour faire un lien justement, et même s’il est osé: j’ai cru entrevoir sur le web (en fait, chez affordance), une analyse autour d’une confrontation qui s’opérerait entre deux logiques, d’une part celle du classement (les annuaires, les rayonnages de bibliothécaires, l’archivage) d’autre part celle de la requête (les moteurs de recherche en très gros): la requête n’étant pas uniquement un calcul, mais aussi une vision du monde,  à la différence du classement ou de l’archivage, ses principes invisibles (la forme de l’algorithme) la font passer pour une réponse objective à la recherche: en somme les autoroutes Google, Facebook ou Microsoft nous font passer des subjectivités pour des lanternes. Elles s’opposent par là, aux petits ruisseaux que nous créons avec nos consciences externalisées (selon les mots de Crouzet).

Pour revenir au propos de ce dernier, il était évidemment bien plus complexe que j’ai pu le laisser entendre, et parfois même, il me semble, contestable: je suis pas exemple instinctivement opposée à sa conception du nomadisme virtuel, qui me semble être plus une invention poétique qu’une réalité.  Thierry Crouzet l’énonce d’ailleurs lui-même, ce qu’il nous manque aujourd’hui c’est un grand récit: une théogonie, une cosmogonie, en fait, un récit fondateur de l’ère numérique.

Une interrogation subsiste néanmoins après cette soirée:  si créer des liens permet de combattre les concentrations de services chez les cyclopes numériques, comment éviter que la problématique de la concentration se retrouve ailleurs? dans les tuyaux (parce qu’il faut de l’argent pour les maintenir ces tuyaux…) dans les data centers… etc.

Réflexion à suivre…

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Que faire des informations envoyées par le/la responsable de la documentation électronique?

Si vous travaillez dans un SCD, il est possible que la gestion de la documentation électronique soit centralisée aux mains d’une personne (ou de plusieurs, mais partons sur une seule c’est plus simple, et gardons bien en tête l’histoire de la centralisation).

Partons du postulat que vous n’êtes pas cette personne.

Partons du postulat que cette personne se sent parfois seule dans son travail et ressent l’envie irrépressible d’associer ses collègues à son travail solitaire de repérage, d’acquisition et de signalisation de toute cette documentation électronique qui coûte si cher au SCD.

Partons du postulat que, les choses n’étant pas tout à fait cadrées dans votre SCD, la mutualisation des compétences dans ce domaine se limite peu ou prou à des formations périodiques organisées par la responsable de la documentation électronique, et, surtout, par l’envoi de mail de la responsable de la documentation électronique vers ses collègues.

Que faire alors face à une information comme celle-ci:

“Bonjour,

Deux nouvelles ressources électroniques consacrées au Moyen-Age sont accessibles sur le portail du SCD: Encyclopedia of Medieval Warfare and Miltary Technology et Encyclopedia of Middle Age de l’éditeur Oxford.

Ces ressources sont accessibles à distance par simple authentification dans l’ENT.

Pour accéder à ces ressources:

- Se rendre sur le portail du SCD
- Cliquer sur Ressources électroniques puis sur Bases de données
- Faire défiler les ressources, ou bien appeler les ressources par tout ou partie du nom ou de l’éditeur dans le petit moteur de recherche en bas de l’écran principal.
- Pour accéder à distance aux ressources, pensez à cliquer sur le lien “accès distant”.

Vous pouvez également y accéder directement, ici:  Encyclopedia of Medieval Warfare and Military Technology et Encyclopedia of Middle Age

Pour toute question supplémentaire relative à la documentation électronique, n’hésitez pas à me contacter, bisous. (en fait, c’est moi qui rajoute le « bisous »)”.

Autant vous le dire tout de suite, votre première réaction en tant que quiche, à savoir « le Moyen Age je m’en tamponne, c’est pas mon rayon, et la technologie militaire itou », ne nous paraît pas appropriée.

Car la réalité est que vous êtes amenés lorsque vous êtes de permanence en salle de lecture, à renseigner les lecteurs sur des sujets très variés ; que cela s’accroît encore si un lecteur, Dieu sait pourquoi, s’imagine que vous serez la personne à même de le renseigner par téléphone, cela parce que votre patronyme lui a paru sympathique quand il l’a lu sur le site Internet du SCD ; et que cela est votre lot si vous participez au service de réponses à distance dans lequel votre SCD est partie prenante.

Toute information concernant la documentation électronique mérite donc d’être creusée un minimum.

La deuxième réaction en tant que quiche au fait des possibilités de procrastination qu’offrent les outils modernes de communication, à savoir « je range précieusement ce message dans un dossier et je le ressortirai quand j’en aurai besoin » a fait la preuve de son inefficacité.

Le blog des quiches vous propose donc une méthode d’action alternative.

1) Prenez la peine de cliquer sur les liens renvoyant vers les ressources concernées. Cela vous permettra de prendre contact avec la multitude d’interfaces de recherche auxquelles sont confrontées les lecteurs qui tentent de se repérer dans la documentation électronique offerte par le SCD (et qui coûte si cher, merci de le noter encore). Vous verrez d’emblée si la ressource est francophone, ou pas ; si la page d’accueil propose plusieurs onglets, et lesquels ; si une aide est disponible en ligne, et si elle est claire etc.

2) Prenez la peine de tester une recherche dans la base. Ne faites pas une vraie recherche, tapez un mot au hasard et voyez ce qui sort. Vous verrez ainsi d’emblée comment sont présentés les résultats de recherche ; comment réagit la ressource lorsqu’elle ne trouve pas de réponse ; si les résultats sont du texte intégral ou des références bibliographiques ; si les résultats sont exportables facilement. Ces deux étapes vous prendront entre 5 et 15 minutes selon votre degré de conscience professionnelle et selon le temps dont vous disposez pour ça. Ces 15 minutes sont indispensables pour espérer avoir le réflexe, lorsqu’un lecteur vous demandera un ouvrage sorti ou exclu du prêt sur l’histoire des techniques militaires, de penser qu’un jour vous avez vu une ressource, que même elle était en anglais mais malgré tout très facile d’utilisation. Sans ses 15 minutes, jamais vous n’y penserez, justement parce que ce n’est pas votre rayon.

Il est évident qu’on ne vous demande pas en si peu de temps d’évaluer la ressource en question. D’une part ce n’est pas votre travail, d’autre part ce blog ne saurait s’arroger la prétention de pouvoir vous apprendre cela ; figurez-vous qu’il y a des formations pour ça. Le but est uniquement de vous aider à ne pas passer à côté d’une ressource que vous ne trouverez peut-être pas spontanément mais qui peut vous être utile dans votre tâche de renseignement.

3) Allez un peu plus loin! Vous avez encore 5 minutes à consacrer à ce travail? Allez regarder au portail du SCD comment on trouve cette ressource. Vous verrez que dans le moteur de recherche des ressources électroniques, si vous tapez « technique militaire » vous ne trouverez rien. C’est « technologies militaire » qu’il faut saisir. De la même manière, si vous tapez « chirurgie » vous ne trouverez jamais l’Encyclopédie Médico-Chirurgicale dont l’accès distant est opérationnel depuis peu. Ce qui serait vraiment dommage car vous rateriez alors cette belle page d’accueil à la Urgences où toutes les minorités visibles sont représentées, visiblement ravies d’être de jeunes et jolis médecins en blouse blanche.

4) Pour finir, et ce uniquement si vous tenez à avoir de bonnes relations avec la responsable des ressources électroniques, prenez au pied de la lettre sa formule de politesse: «  Pour toute question supplémentaire relative à la documentation électronique, n’hésitez pas à me contacter ». Si malgré de multiples clics vous ne comprenez pas quelle est cette ressource, de quoi elle parle, à quels étudiants elle est censée servir ou pourquoi vous n’arrivez pas à la retrouver dans la liste des ressources du SCD, parlez à votre collègue, posez-lui des questions! Elle sera tellement contente que quelqu’un lise enfin ses mails que, soyez-en sûrs, elle sera désormais votre esclave dévouée.

Il est évident que cet objectif ne sera pas atteint si votre question est orientée d’emblée dans le sens « Je ne comprends pas pourquoi on dépense tellement d’argent pour acheter ces bases que personne ne consulte jamais et qui sont incompréhensibles »…Ceci est une question que nous n’éluderons pas mais qu’il faudra plutôt poser à la responsable de la politique documentaire de votre SCD.

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E-LIS

E-LIS est une archive ouverte internationale consacrée aux sciences de l’information.

Elle est hébergée par le consortium italien CILEA (Consorzio Interuniversitario Lombardo per L’Elaborazione Automatica).

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