GLPI pour gérer le PEB????

*Billet relu par le responsable du PEB ; quelques ajouts depuis la première mise en ligne*

L’autre soir sur twitter au détour d’une conversation j’ai avoué qu’à l’Université de Poitiers nous utilisions GLPI comme outil d’assistance. Première surprise d’un collègue: « GLPI, c’est pas pour gérer les ordis? » Si, aussi, le service informatique I-médias l’utilise aussi pour ça. J’ai alors révélé que nous l’utilisions aussi pour gérer le PEB, d’où la deuxième surprise d’un autre collègue, d’où le billet de blog que voilà.

I. Le PEB à l’Université de Poitiers

Etat des lieux rapide: le PEB au SCD de Poitiers ce sont 4 services de PEB: Droit-Lettres, Médecine-Pharmacie, Sciences et Michel Foucault (collections de Sciences Humaines et Arts). 7 personnes travaillent pour ces 4 services (avec une aide ponctuelle de magasiniers), mais seules les 3 personnes de Droit-Lettres y consacrent l’essentiel de leur temps. Le tout est chapeauté par un « coordinateur » transversal.

Selon l’ESGBU, nous avons expédié en 2012 2583 documents (983 livres, 130 articles) ; nous en avons reçu 3833 (1528 livres, 782 articles).

Le PEB est déficitaire ; à Poitiers, le service est rapide et efficace, il est donc volontiers sollicité par les autres établissements du réseau. Et nous sommes CADIST en Moyen Âge, donc détenteurs de collections de référence.

Au niveau de la gestion interne, les 4 services de PEB fonctionnent de façon très différente les uns des autres, y compris dans les outils utilisés. Par exemple, un formulaire de demande de PEB (aujourd’hui accessible seulement après authentification) est en place sur le site Internet depuis longtemps, il a été entièrement repensé en 2012, notamment pour rendre le remplissage de certains champs fortement incitatif et faciliter le travail des équipes. Mais si les publics de Droit-Lettres et de Michel Foucault utilisent en majorité le formulaire (poussés par les équipes des PEB), les publics de Sciences et de Médecine ont pour habitude de transmettre par mail des listes de références, sans remplir une demande pour chacune d’entre elles.

II. Pourquoi GLPI?

2012 a été une année de changements importants pour le PEB au SCD de Poitiers.

Comme tout le réseau, nous étions déjà impactés par l’arrêt de Pebnet et son remplacement sans gestion de la facturation par Supeb.

D’autre part, c’est cette année-là que le PEB s’est mis en place à la bibliothèque Michel Foucault du centre-ville (rouverte depuis peu dans des locaux agrandis, rénovés et avec des collections enrichies).

Enfin, une harmonisation de la facturation des PEB a été réalisée, pilotée par le service administratif du SCD.

L’année 2012 a donc été marquée par l’intégration d’un nouveau PEB dans un réseau déjà complexe et hétérogène, et par la tentative du remplacement de Pebnet par un autre outil. Notre quête d’un outil (« idéal »?) de gestion du PEB n’est toujours pas achevée aujourd’hui.

Le service informatique I-médias de l’Université de Poitiers utilise GLPI pour gérer son parc informatique, mais aussi pour répertorier les demandes d’assistance. C’est l’une des fonctionnalités qui sont décrites ici.

Il a été décidé, forts de cette expérience à l’Université, d’utiliser GLPI comme boîte d’arrivée de toutes les demandes de PEB par le formulaire ou par les adresses mails fonctionnelles des différents PEB. Ainsi chaque demande ouvre automatiquement un « ticket » dans GLPI, et les équipes peuvent faire le suivi de leurs interventions dans GLPI.

L’utilisation elle-même de GLPI reste contrastée selon les PEB: si le PEB Michel Foucault, qui a démarré son activité avec GLPI et l’utilise donc « à fond » (avec l’impulsion d’un collègue qui s’en est largement emparé et a rédigé des tutoriels pour les autres membres des équipes du PEB), les autres services l’utilisent « a minima », pas suffisamment pour le moment pour en tirer des statistiques exploitables (par exemple, quelle proportion des documents fournis sont issus des collections CADIST).

Concrètement, à l’arrivée d’un message sur l’une des adresse PEB, un ticket est automatiquement créé dans GLPI. Le service concerné doit alors le « réclamer », éventuellement modifier son intitulé pour pouvoir, à l’extraction tableur, faire facilement des tris, puis enregistrer un « Suivi » ou une « Solution » apportée au ticket. Il y a dans GLPI une dizaine d’onglets disponibles potentiellement remplissables pour chaque ticket (« Validations », « Tâches », « Coûts », « Solutions »…), nous n’en utilisons que 2 maximum. C’est l’une des difficultés de prise en main de l’outil que d’ « ignorer » les fonctionnalités présentes dont nous ne nous servons pas.

III. Bilan et perspectives: les outils utilisés

Un bilan malheureusement en forme d’inventaire à la Prévert, les outils de gestion du PEB étant multiples et hétérogènes.

– la facturation passe de toute façon par Sifac, au niveau du service administratif

– pour le suivi des demandes, tous les services utilisent GLPI mais de façon plus ou moins assidue ; Droit-Lettres et Sciences utilisent PebNet mais avec des difficultés ; tout le monde utilise évidemment Supeb, mais qui ne peut servir pour le hors-réseau

– pour l’extraction des statistiques: le PEB Michel Foucault renseigne ses tickets GLPI de façon à pouvoir sortir des tableurs précis et fiables qui permettent de fournir les informations demandées ; régulièrement notre informaticien fait une extraction de WebStats, qui visiblement ne fournit pas tout ce dont nous avons besoin ; grâce à Business Objects nous pouvons interroger notre SIGB et donc sortir les prêts enregistrés sur les cartes PEB, mais on n’a ni le PEB demandeur ni les articles.

Pour le bilan concernant GLPI lui-même, les difficultés rencontrées sont les suivantes:

– trop de fonctionnalités dont nous ne nous servons pas, qui « perdent » les équipes

– trop d’alertes « intempestives »: on reçoit un mail à l’ouverture d’un ticket puis dès que quelqu’un fait une modification, puis à la clôture…les personnels se retrouvent noyés

(ces deux difficultés sont liées, je pense, au fait que nous utilisons un GLPI mis en place par le service informatique de l’Université, sur le paramétrage duquel nous avons très peu la main)

– nécessité de libeller précisément les tickets pour pouvoir sortir des statistiques, c’est-à-dire de penser en amont aux infos qui seront demandées, au risque de devoir reprendre ses tickets déjà entrés.

Il existe d’autres difficultés mais qui ne sont pas liées directement à l’outil mais plus à l’activité de PEB elle-même: quand on reçoit une liste de références en PEB demandeur, comment les intégrer facilement et rapidement dans un outil de suivi (j’ai bien peur que ce soit une question sans réponse)?

GLPI est relativement impopulaire parmi les équipes de PEB (comme c’est un helpdesk, certains le surnomment DSK…); il est encore en cours d’évaluation. Les équipes sont actuellement en formation Calc car on se demande si le remplissage d’un simple tableur ne remplirait pas toutes les fonctions statistiques que l’on attend d’un helpdesk. Cependant, une nouvelle version devrait être mise à notre disposition par I-médias avec l’allègement d’un certain nombre d’imperfections aujourd’hui constatées.
Il est cependant difficile à savoir si c’est l’outil lui-même qui est inadapté, ou bien les équipes qui ne s’en emparent pas, pour de multiples raisons dont la moindre n’est pas la restructuration à l’oeuvre actuellement des services de PEB.

D’une façon générale, les services de PEB sont en vraie demande (on me parle dans l’oreillette d’un « besoin urgent et vital ») d’un pilotage national y compris sur les outils utilisés. Peut-on rêver et imaginer que le futur SGBM intégrera une fonction PEB?

Pour conclure sur GLPI, depuis le début de l’année nous l’utilisons aussi au sein de la cellule TIC pour répertorier les interventions imprévues, et surtout tenter de quantifier le temps de travail que cela nous prend, temps de travail, par définition, non prévu. Tous les types d’interventions y sont répertoriées (dépannage informatique, questions sur le catalogage, problèmes d’accès à la dokelek, demande de dépannage ou de paramétrage du SIGB…). A l’instant je viens de faire un export des interventions: nous avons jusqu’à aujourd’hui enregistré 240 interventions, 51 concernent le SIGB, 8 la sortie de statistiques du SIGB avec Business Objects, 33 la documentation électronique…

*Billet relu par le responsable du PEB ; quelques ajouts depuis la première mise en ligne*

 

 

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Elsevier et le bibliothécaire lambda

Voilà un article tentant de présenter mes opinions, certitudes ou doutes, sur l’accord s’apprêtant à lier pour 5 ans l’ensemble des établissements de l’enseignement supérieur français à l’éditeur Elsevier. Pour un résumé des épisodes précédents, on se reportera au communiqué Couperin sur le bilan de la négociation Elsevier (la version qu’il ne faut pas lire est cachée quelque part dans ce post), au post interrogatif « Faut-il signer l’accord d’Elsevier?« ,  au post de Christophe Péralès (président de l’ADBU) qui répond à la question précédente, et au post de Daniel Bourrion expliquant pourquoi et comment on lui a demandé de retirer du web le communiqué Couperin et ce qui le chagrine dans cette demande. On peut également lire un autre post publié sur le blog de Daniel Bourrion mais reprenant en fait des propos de Stéphanie Bouvier.

Le bibliothécaire lambda du titre, c’est moi, je suis conservatrice des bibliothèques, responsable de la cellule TIC au SCD de Poitiers, à ce titre et avec la responsable des ressources en ligne, je suis directement concernée par ce qui nous occupe.

I. L’accord Elsevier – Enseignement Supérieur Français

La position du bibliothécaire (de BU) lambda en début et jusqu’à milieu de l’année 2013 est la suivante:

  • on est en pleine crise économique, les budgets s’en ressentent, ceux des Universités, ceux des SCD, ceux consacrés à la documentation électronique. Donc on commence à penser au budget 2014 en ces termes: « Qu’est-ce que je vais bien pouvoir désabonner? »
  • la ressource la plus chère de son portefeuille dokelek, la Freedom Collection d’Elsevier, arrive justement en fin de groupement de commande. Elsevier a travaillé avec Couperin à un nouveau modèle économique, des pistes se dessinent parmi lesquelles l’abandon de la Freedom Collection dans son entièreté et l’abonnement aux titres indispensables, voire la mise en place d’un système de pay per view, apparaissent comme de plus en plus probables. Ceci d’autant plus que l’éditeur en question ne jouit pas de la meilleure des réputations au sein de l’établissement et qu’une sortie d’un modèle enfermant les Universités dans une relation commerciale par trop désavantageuse apparaîtrait finalement logique à une partie des enseignants-chercheurs
  • l’hypothèse de désabonnement de la Freedom devient à ce point probable qu’une présentation au Conseil Scientifique est assurée pour évoquer le financement de la documentation recherche en 2014, avec cette équation simple: avec le budget prévu pour la documentation électronique en 2014 (budget déduit de la volonté de maintenir le budget des acquisitions de monographies), on a les moyens pour la Freedom et rien d’autre, ou bien pour tous les autres abonnements et pas la Freedom.

Le bibliothécaire lambda est donc à 100 lieues d’imaginer qu’en fait, il n’aura pas du tout le choix en 2014. Il en est tellement loin que quand c’est Elsevier qui, à l’occasion d’une visite cordiale de démonstration de produits, lui parlera d’une licence nationale pour le courant, le bibliothécaire lambda ne tiltera même pas et pensera qu’Elsevier s’est trompé (naïf et bêta qu’il est).

Donc quand tombe un message (de Couperin) l’avertissant qu’en fait si, l’abonnement à la Freedom va bien faire l’objet d’une licence nationale, et que le montant 2014 sera prélevé directement sur le budget de l’Université (et par contrecoup sur celui du SCD), le bibliothécaire lambda il tombe aussi. Des nues.

Comme on lui dit à ce moment-là que le fait de négocier en licence nationale allait sans doute permettre de faire baisser la facture globale et donc la sienne propre en 2014, il se dit que bon si ça se trouve on va avoir une super bonne surprise au final et donc il prend son mal en patience.

Sauf qu’en octobre on lui annonce (Couperin toujours) qu’en fait non, la facture globale ne va pas baisser, mais qu’on a quand même obtenu d’autres avancées. A cette assemblée le bibliothécaire lambda est tellement un peu obnubilé sur sa facture 2014 qui du coup, ne va pas baisser, qu’il doit demander à son voisin de gauche de lui réexpliquer quelles sont exactement les avancées obtenues. Son voisin de gauche aura du mal à lui répondre. Et, sans doute sous le coup de cette annonce de facture 2014 qui augmente, le bibliothécaire lambda aura du mal à comprendre le rôle de Couperin à partir de ce moment. Il lui a semblé comprendre que le Ministère reprenait la main. En fait non, Couperin négocie toujours.

« Mais combien on va payer? Combien il va me rester pour mes manuels papiers? » Voilà en substance les questions qui taraudent le bibliothécaire lambda, qui sait aussi, de temps à autre, concevoir, porter et mettre en oeuvre des projets d’une autre envergure. Seulement voilà, plus ça va plus il se demande avec quelles clopinettes il va pouvoir assurer le quotidien, sans même parler de projets. C’est pourquoi il est à l’affût de toute info qui viendrait confirmer ses pires craintes. C’est pourquoi quand un obligeant collègue met en ligne un communiqué officiel de Couperin annonçant aux Présidents d’Université la teneur de l’accord enfin conclu avec Elsevier, le bibliothécaire lambda se jette dessus avec gratitude en espérant avoir enfin des infos tangibles à se mettre sous la dent pour savoir à quelle sauce va se faire bouffer son année 2014 (et les 4 suivantes).

Je reviens sur ces étapes, qui ont été les miennes, en tant que bibliothécaire lambda, pour expliquer que malgré ma vigilance et mes efforts de compréhension d’une situation que je sais complexe, je n’ai absolument pas eu l’impression d’avoir été correctement informée durant le processus de négociation.

  • je ne savais pas qu’était dans l’air une licence nationale pour l’abonnement courant à la Freedom. Si je l’avais su, je n’aurais pas pris la peine d’aller expliquer au CS qu’on allait peut-être sans doute couper l’accès total à la Freedom
  • je ne savais pas qu’après la proposition d’Elsevier d’octobre, Couperin était toujours à la manoeuvre des négociations
  • je ne savais pas avant le leakage que des infos avaient été diffusées aux Présidents d’Université
  • je ne sais toujours pas si les chiffres diffusés dans ce communiqué sont fiables (en fait maintenant, je suis quasiment sûre qu’ils ne le sont pas)
  • je ne sais toujours pas pourquoi mon Université a vu sa dotation amputée non seulement de ce qu’elle a payé en 2013, mais aussi de ce que le CHU (avec qui elle n’a pas de convention sur ce point précis) à payé en 2013 (??).

Je ne jette pas du tout la pierre à personne chez Couperin, d’abord parce que ce n’est pas mon genre de reprocher quoi que ce soit à des collègues. Je veux juste dire que non, je n’ai pas été bien informée de ce qui se passait/passe. Ce n’est sans doute pas bien grave, tout ça, ce sont des enjeux qui dépassent la bibliothécaire lambda que je suis. D’autre part je sais bien que la position des négociateurs est bien compliquée, et très prosaïquement je suis mieux à ma place qu’à la leur. Je me permettrais cependant une question. Couperin est un consortium visant à négocier les meilleurs conditions d’accès aux ressources électroniques pour les établissements de l’enseignement supérieur. A partir du moment où la commande du Ministère est de négocier des conditions que les établissements n’auront pas le choix d’accepter ou non, est-ce que Couperin est toujours dans son rôle? N’était-il pas possible de refuser ce rôle au nom de l’autonomie des établissements, du souhait de bibliothécaires de préserver la liberté d’autres collègues bibliothécaires?

Quand j’entends des collègues expliquer l’accord Elsevier, bien que plein de bibliothécaires aient eu super envie de se désabonner de la Freedom, pour des tas de bonnes raisons, par le fait que ce n’est pas au bibliothécaire de décider ce que le chercheur lit, je me dis que zut, on m’aurait menti, j’ai pourtant lu mon Bertrand Calenge dans le texte et je croyais que, quelque part, j’avais pour métier de mettre en oeuvre des politiques documentaires, c’est à dire de faire au mieux dans ce que je pense être l’intérêt du plus grand nombre avec les moyens qui me sont impartis. Mais au fait, si ma mission ce n’est pas ça, si ma mission c’est de signer des bons de commande (ou de les faire signer à la direction, parce qu’en fait c’est pas moi qui signe), je ne vois pas pourquoi on a besoin de moi, bac+4, catégorie A. Franchement, pour ne prendre aucune décision, n’avoir aucun rôle d’éclairage de la communauté universitaire, et passer commande, on me paie trop cher. Je pense qu’on tient là une bonne piste de réduction de la dépense publique.

J’entends aussi des collègues dire qu’il était impossible de couper la Freedom. Je ne suis pas d’accord. Je pense que c’était possible. Je pense que c’était possible de laisser le choix aux établissements. Certains l’auraient pris, d’autres auraient pris des collections réduites, d’autres du pay per view, d’autres rien du tout. On aurait fait marcher le PEB, certains chercheurs auraient sollicité leurs collègues d’autres universités, il y aurait certainement eu du marché noir d’articles. Mais on aurait survécu, la recherche française aussi. Et ce d’autant plus que le Président de l’ADBU nous explique ici qu’en fait, ça ne servait à rien de s’abonner à la Freedom pour avoir accès aux articles, puisqu’en  fait ils sont déjà tous accessibles.

En fait, on a payé pour que les labos n’aient pas à payer (c’est ce que je comprends du post de Christophe Péralès). Si c’est vrai pourquoi pas, c’est dommage pour nous mais tant mieux pour les labos. Sauf que je ne comprends pas du tout ce qui empêche Elsevier de faire payer pour l’accès aux articles, et de faire payer aussi les labos pour publier en Gold. C’est une clause cachée de l’accord?

Pour finir, je tiens à dire que je ne connais pas un seul bibliothécaire satisfait de l’accord « presque signé » avec Elsevier. Comme le résume un collègue « Au mieux on sera moins pigeonné, ou un pigeon croyant avoir fait une bonne affaire ». Je pense que c’est exprimer, de façon lapidaire, l’opinion de la majorité silencieuse.

II. La fuite du communiqué

Je pense avoir expliqué plus haut que la mise en ligne du fameux communiqué-dont-il-ne-faut-pas-dire-le-nom par Daniel Bourrion a vraiment représenté un « soulagement » pour le bibliothécaire lambda qui attendait des infos après le prélèvement sur la dotation de son Université. Donc non, ce n’est pas un « faux leakage » parce qu’en fait « tout le monde avait les infos ». Ben non, moi je ne les avais pas par exemple.

Je pense, comme ça a été dit en commentaire du blog de Christophe Péralès, que la fuite du communiqué a permis de pointer la clause de l’accord concernant le Data Mining, Je pense aussi que le débat sur les fondamentaux qui a lieu actuellement, sous ses allures d’évidence (tous pour l’Open Access!), est très important. Car peut-être qu’on est tous d’accord,mais dans ce cas pourquoi il se passe si peu de choses, et si lentement?

Je pense que l’agressivité des réactions à la mise en ligne par Daniel Bourrion du communiqué n’est pas uniquement dûe à cette mise en ligne et à ses éventuelles conséquences sur des accords qui seraient encore négociables, mais aussi à ce que suscitent depuis plusieurs années les prises de position de Daniel Bourrion sur les missions des bibliothèques. Et c’est vrai que Daniel Bourrion a plusieurs fois exprimé son impatience devant un « milieu », une « profession » qui ne bouge pas assez vite à son goût, ou pas dans le bon sens selon lui. Et c’est vrai que la posture « J’ai tout compris et vous êtes tous des nuls, à part mes potes » est un peu agaçante, quand on n’est pas dans les potes en question.

C’est là que je dois dire que, pour ma part, je suis absolument convaincue qu’une telle attitude, toute agaçante qu’elle puisse être, est absolument nécessaire, pas du tout comme position de principe, mais comme moteur à l’action. Je tiens à dire qu’il m’est arrivé et m’arrivera encore de prendre des décisions en fonction de ce que j’aurais retiré des posts de blog, des tweets ou des prises de position de Daniel Bourrion. C’est l’une des personnes qui m’ont appris des choses pour exercer mon métier dont je me sers au quotidien.

Pour ces deux raisons – le fait que je manquais totalement de l’information diffusée à la CPU, et le fait que la prise de position de Daniel Bourrion exprimée par cette mise en ligne me paraît nécessaire et même salutaire – je soutiens totalement la brève mise en ligne du communiqué diffusé à la CPU et ses conséquences, notamment le débat que cette mise en ligne a fait naître dans la profession.

III. L’apathie des bibliothécaires

Débat tout relatif car il est vrai qu’en gros, ce sont 10 à 15 personnes qui débattent publiquement sur blogs ou réseaux sociaux, les autres se contentant de sortir le pop-corn et de compter les points.

Je veux croire que la majorité silencieuse n’est pas indifférente. Mais alors pourquoi est-elle silencieuse?

Si je m’en réfère à mon expérience personnelle, il m’est arrivé maintes fois et m’arrivera encore de me passionner pour tel ou tel débat sans pour autant intervenir, parce que je ne m’en sentais pas les compétences, parce que le ton était trop vif entre les contributeurs, parce que je n’avais rien à ajouter, tout simplement. Ce n’est pas pour ça que je n’avais pas d’opinion, et pas pour ça que ça n’a eu aucun effet, parfois très concret.

D’autre part il y a des milliards de sujets sur lesquels se passionner. Concernant la profession, une élève conservatrice faisait remarquer récemment sur Facebook que malgré la forte féminisation de la profession, les intervenants étaient dans leur majorité des hommes. Voilà un sujet qui mérite que l’on s’énerve et que l’on discute et même que l’on prenne des décisions pour y remédier. Tout comme le fait qu’on compte sur les doigts les conservateurs de bibliothèques d’une autre couleur que blancs. Et où sont les bibliothécaires en situation de handicap? 3 sujets qui n’ont rien à voir avec Elsevier, mais qui mériteraient aussi qu’on en parle. Personne n’en parle jamais (ou presque).

Peut-être aussi parce que le temps manque. Concrètement, la bibliothécaire lambda que je suis n’a aucune plage dans son emploi du temps pour réfléchir et bloguer sur les accords Elsevier-Enseignement Supérieur Français. Personne ne me le demande. Je le fais sur mon temps personnel, c’est à dire que soit j’empêche ma fille d’avoir le temps de tourner le duplo dans le bon sens pour qu’il se vide, soit je dors moins. Je comprends tout à fait les gens qui ont besoin de dormir. Ce n’est pas pour ça qu’ils approuvent ce qui se passe.

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Changer de site, comment, pourquoi, épisode 2

Pour ceux qui ont raté le début, cette série d’articles vise moins à éclairer les collègues égarés sur le difficile chemin de la gestion d’un site Internet qu’à exposer au monde entier mes états d’âme. Oui je le reconnais, ça a tout de suite moins d’intérêt.

Bref il y a un épisode 1 qui se trouve .

Voulant profiter des compétences de notre service informatique (qui s’appelle i-médias de son petit nom, présent sur le web ici, ou encore ), nous avons rédigé un cahier des charges uniquement pour la partie site Internet de notre futur nouveau site (laissant de côté la partie Opac donc) que nous avons soumis à leur sagacité.

Là d’un coup on va se croire aux Césars car j’ai plein de remerciements à faire. Pour le cahier des charges un grand merci à la BU d’Angers qu’on ne présente plus et qui a eu l’amabilité de mettre son cahier des charges en ligne, ce qui m’a permis de le repomper intégralement m’en inspirer fortement pour mon brouillon, fortement aidée néanmoins par les cahiers des charges d’autres collègues mais qui me les ont passés un peu en loucedé, donc je leur dis merci mais sans les citer. Le document de la BU d’Angers avait cet avantage d’être orienté exclusivement « site web » et pas « portail » englobant tout, c’est à dire l’option que j’avais choisie.

Et puis bien sûr merci aux collègues d’i-médias qui ont pris la peine de relire mon brouillon et de le rectifier pour qu’il soit encore plus beau qu’il n’était déjà.

D’ailleurs, si certains d’entre vous souhaitent voir ce merveilleux document, qu’ils n’hésitent pas à le demander, autant que ça serve.

Et voilà que, coup de tonnerre, I-médias nous propose sur un plateau d’être notre prestataire de service et de réaliser notre site pour nous.

Bon, en réalité, ça ne s’est pas passé exactement comme ça.

Déjà, j’espérais un peu cette proposition, donc ce n’était pas vraiment une surprise.

D’autre part, ce sont pour l’instant deux collègues d’I-médias qui m’ont dit que « ça devrait pouvoir le faire » mais j’attends encore la validation du grand chef, qui lui-même est un peu occupé par tout un tas de choses relevant des éléments de contexte 2. Si vous avez lu ce premier épisode, vous savez que je suis sur le point de partir me la couler douce ; mon plus cher désir serait aujourd’hui d’avoir un accord ferme du grand chef et de pouvoir fixer un calendrier de travail pour la rentrée qui puisse déboucher sur une mise en ligne d’ici la fin de l’année 2012.

Enfin, pour les éléments techniques de la proposition, l’idée serait de nous faire une belle vitrine et de garder pour le moment et jusqu’en 2013 dernier carat notre opac tel qu’il fonctionne actuellement. Belle vitrine qui nous permettrait de fédérer les envies des collègues motivés, qu’ils appartiennent à des bibliothèques intégrées ou associées ; et de répondre aux demandes issues des usagers via notre enquête utilisateur (qui, si tout va bien, devrait faire l’objet de l’épisode 3).

Le logiciel utilisé serait K-Sup, logiciel dont on m’a dit beaucoup de mal lors de cette formation, mais comme je n’ai moi-même pas pensé que du bien de cette formation, j’aurais plutôt tendance à faire confiance à mes collègues d’i-médias qui m’assurent que le CMS répondra à nos besoins. Pour des exemples de sites de BU avec K-Sup, on peut regarder , ici ou . L’intéressant pour nous est aussi de nous inscrire dans une démarche de communication globale de l’Université, puisque plusieurs composantes et laboratoires bénéficient de la prestation d’I-médias pour la réalisation de leur site Internet avec ce même CMS (voir ici par exemple). L’écueil serait de devoir nous plier en 4 et abandonner nos besoins pour nous fondre dans un moule qui ne nous correspondrait pas ; pourtant les avantages d’un tel projet (gratuité + cohérence avec les autres acteurs de l’Université) fait fortement pencher la balance vers cette solution, d’autant qu’un excès d’optimisme me fait imaginer que nous pourrions assez vite être suffisamment autonomes pour adapter le produits à nos usages.

Pour finir ce billet, quatre petits liens vers des thématiques similaires:

– les billets de la BU d’Angers sur la rénovation de leur site web: 3 billets en ligne pour l’instant, ici, et

– les billets du SCD de Clermont sur leurs tests de compatibilité ABNet / Blacklight (qui m’intéressent fortement pour la 2e partie du projet), ici et

un article fort récent répertoriant les sites de BU rénovés

– un billet au vitriol d’un collègue du SCD d’Artois.

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L’angoisse de la quiche devant la page blanche

Ce matin, j’ai passé l’épreuve de composition générale du concours interne de conservateur. Pour la première fois de mon existence.

Je ne reviendrais pas ici sur les raisons qui m’ont poussée à cette folie, je voudrais juste exposer ici la méthode que j’ai suivie étant donnée que je n’avais pour ainsi dire pas révisé un traître mot.

Avant le concours

 Je me suis bornée à lire un manuel pour essayer de savoir quel était le principe de l’épreuve: j’en ai tiré quelques enseignements :

– une copie doit être claire, c’est probablement ce qu’il y a de plus facile à faire, alors  faites apparaître intro, conclu et les parties du développemment, ça coûte pas cher ça vous aide, et ça aide le correcteur.

– découper son temps : 1 h pour le brainstorming, 1h pour le plan, 30 min pour l’intro et la conclu, 30 minutes pour les intro et conclu intermédiaires, 1h30 pour la rédaction, le reste pour se relire. à affiner selon les cas.

Ce n’était pas dans le manuel, mais ce que peu ou prou m’ont affirmé les collègues

– se détendre (en interne vous avez déjà un boulot normalement, donc moins d’urgences, en revanche on est susceptible d’avoir un point de vue, une grille de lecture, et quoi qu’il arrive même si l’épreuve vous invite à croire le contraire, vous serez lu par un collègue futur collègue )

J’ai aussi lu un Que sais-je? sur le service public et un autre sur la mondialisation du service public, dont j’avais à peu près tout oublié.

Le jour J

L’intitulé était « Le livre est devenu en occident un invariant de la culture, sa matrice, et c’est pourquoi l’idée de le perdre suscite  chez nous une peur primale » (Michel Melot, « Et comment va la mort du livre? » dans Demain, le livre, 2007)

Que vous inspire cette réflexion?

Mon parti pris

Bon, j’avoue que je suis partie bille en tête sur « peur primale » que j’ai aussitôt associé à « tribal » et partant à totem. Résultat, j’ai voulu à tout pris dégommer le totem.

Les grands oubliés: le patrimoine, la mémoire, la validité de l’information et j’en passe.

Sachant que j’ai tenté de déterminer si le livre était réellement une matrice dans le monde occidental et dans un second temps quelles pouvaient être les menaces et étaient-elles réellement menaçantes. A votre avis?

J’ouvre les paris ici.

Ouf la suite demain (si j’a le courage)

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Faire son marché

C’est parti, on a décidé de mettre en place un marché pour les eBooks (pardon les livres numériques)

Déjà, l’année dernière on avait mis en place un GT eBooks pour préparer la montée en charge des acquisitions de livres numériques au titre à titre.

A l’heure qu’il est, les sections de sciences et de médecine acquièrent déjà pas mal d’eBooks.

Pour monter le CCP , on travaille à la fois en groupe restreint (la responsable administrative de la BU, la responsable circuit du document et la responsable dokelek) et en GT élargi (les responsables de sections et des membres de bibs associés)

Quel cadre?

– on cible des acquisitions pérennes éditées en France et à l’étranger (pour l’instant un seul lot, voir plus tard en fonction des évolutions du marché si on peut pas faire un 2ème lot pour des abonnements)

– on veut pouvoir choisir nos titres à l’unité, tout en se réservant la possibilité d’acquérir aussi des bouquets.

Le CCP

Voici le CCP au stade actuel .

A ce stade on attend les derniers retours et puis on se lancera: évidemment, on sait bien que ce n’est pas parfait, et ce premier marché sera sans doute amendé très rapidement. En tout cas c’était, l’occasion rêvée de publier ça sur la biblioblogosphère afin de récolter les avis des uns et des autres.

Alors n’hésitez pas…

Sur demande, je peux éventuellement fournir par mail les critères dans l’annexe à l’acte d’engagement.

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Changer de site, comment, pourquoi?

Difficile article aujourd’hui, difficile mais nécessaire, car je ressens le besoin de faire un point d’étape dans le travail sur notre site Internet entamé il y a maintenant (presque) 1 an.

Actuellement nous avons terminé la phase de réflexion et avons entamé la phase suivante: action! Avec la réalisation et le dépouillement d’une enquête utilisateurs, avec le contact direct avec plusieurs prestataires différents, avec l’élaboration de plusieurs scénarios possibles.

Pourtant j’ai l’impression que le projet, ou plutôt moi toute seule, s’enlise dans la phase de réflexion et que je n’arrive pas à fixer des objectifs dans le temps, clairs, réalisables et satisfaisants. Peut-être que partager mes doutes en public me permettra de les lever?

Pour commencer, rappelons les 3 contextes dans lesquels je me trouve:

Contexte 1 (interne): chargée de mener un groupe de travail (et on ne pouffe pas dans le fond) sur la rénovation de notre site Internet , actuellement un portail (on ne pouffe toujours pas) fourni par le leader du marché, mis en ligne en 2003.

Contexte 2 (institutionnel): l’Université est d’une part en pleine période électorale. L’élection des 3 conseils a eu lieu la semaine dernière donnant un avantage suffisamment net à l’un des candidats à la Présidence pour que son challenger se retire de la compétition. Un renouvellement important de l’équipe dirigeante est donc en marche.

Parallèlement à cette actualité électorale, l’équipe chargée de la communication à l’Université a récemment mis le turbo sur une communication tous azimuts (et réussie à mon avis): changement de logo avec vote de tous les personnels et étudiants (et ouvert au public…), refonte de tous les outils internes et externes, investissement dans blogs (exemples ici ou ) et réseaux sociaux…et changement de site Internet à venir, avec une déclinaison graphique qui sera proposée aux composantes.

Et parallèlement à cette actualité électorale et communicationnelle, le Service Commun de Documentation est l’objet depuis plusieurs années d’un projet, d’abord de « grande bibliothèque » sur le campus, puis de « Learning Center », au sujet duquel le personnel a été convié la semaine dernière à une journée d’étude dont vous trouverez les notes ici. Heureusement ou malheureusement (ça se discute), ce projet est devenu un enjeu électoral, l’un des candidats s’étant prononcé contre en des termes laissant relativement peu de place à l’interprétation, l’autre étant pour. Bon, c’est le premier qui a gagné…

Contexte 3 (informatique documentaire): il me semble (mais soyez plein à me contredire, je vous en prie) que les bibliothécaires français chargés de s’occuper des sites Internet de leurs institutions, en tout cas dans l’enseignement supérieur, sont pris dans une double contrainte, contradictoire évidemment sinon ce ne serait pas drôle:

1) Comme des lapins pris dans les phares, attendant avec sidération que sorte du chapeau d’on ne sait où (des avancées technologiques? des professionnels de la profession? d’ailleurs?) des nouvelles normes de descriptions des documents qui vont tout changer, rendre notre vie meilleure et nous permettre de trouver tout, tout de suite et en plus ce sera pertinent et en plus y aura de la sérendipité ;

2) Comme des hystériques, tressautant sur tous les moyens de communication numériques qui bougent: réseaux sociaux, applis mobiles, réalité augmentée, pour ne pas laisser échapper le public souvent enclin, il faut bien le dire, à zapper sa BU dans ses pratiques numériques.

Conclusion provisoire sur ces trois contextes: il est urgent d’attendre, mais il est urgent de faire quelque chose. Si je récapitule, le contexte m’incite à agir car:

– le site actuel est vieux et pourrait assez facilement être remplacé par un autre, ne serait-ce qu’une mise à jour de l’existant

– la communication de l’Université est en pleine effervescence et ce serait dommage de ne pas s’inscrire dans ce mouvement

– c’est le moment de proposer aux usagers des outils attractifs pour ne pas les perdre définitivement.

Mais le contexte m’incite aussi à attendre car:

– l’Université est en plein changement de gouvernance et la place donnée au Service Commun de Documentation dans la politique de la nouvelle équipe reste à définir

– l’informatique documentaire est en pleine évolution, de nouveaux outils apparaissent sur le marché français (les fameux Discovery Tools) sans que l’on ait encore du recul sur eux (ou bien des retours contradictoires), les nouveaux formats se font attendre mais attention! ils vont arriver et vont tout changer, des instances nationales nous promettent un avenir meilleur pour peu que l’on soit un peu patient.

Vous aurez remarqué cependant que le contexte interne, lui, m’incite à agir et non à attendre: notre site de 2003, c’est bon, on l’a assez vu. Oui d’accord mais pour faire quoi?

Il me semble au vu de ce que viens d’exposer (non? la démonstration n’était pas éclatante?) que la problématique « site Internet » diffère tout de même sensiblement de la problématique « chercher dans les ressources documentaires » (et je dirai Opac pour aller vite même si ce n’est pas correct). Comme d’autres je suis séduite par l’option Discovery Tool et cette promesse de taper un mot et de ramener tout ce qui m’intéresse et me sera utile ; mais j’ai bien conscience que les outils ne résoudront pas tout et que les bibliothécaires « ont un rôle à jouer dans la jungle informationnelle ». Donc s’en remettre entièrement à un outil imparfait serait dommage, d’autant qu’on a plein de compétences à valoriser y compris concernant les ressources numériques. Et si on ne les a pas ce serait relativement urgent qu’on s’y mette.

C’est pourquoi je suis actuellement partie sur l’option de déconnecter le site de l’Opac, donc de détricoter ce qui avait été brillamment tricoté par mes collègues au début des années 2000, de façon à nous diriger vers des outils qui pourraient évoluer facilement plutôt que de s’engager aujourd’hui dans une solution prévue pour durer 10 ans ; en effet, le triple contexte (voir plus haut), je ne sais même pas ce qu’il sera dans 2 mois…Changer de site maintenant, utiliser un CMS libre, inventer tous ensemble, dans notre gros réseau tout éclaté, des façons de dire / montrer ce que l’on fait, à quoi l’on sert, fédérer tout ça en virtuel et laisser pour plus tard (pas trop non plus) la partie Opac, laisser se décanter les nouvelles normes, les  nouveaux formats, les nouveaux outils et choisir le meilleur mais une fois qu’on aura bien appris, tout ensemble, ce que ça veut dire d’être présents sur le net et une fois qu’on aura choisi ce que l’on veut offrir.

Mais voilà je doute. Est-ce que les usagers vont s’y retrouver? Est-ce que mes collègues vont s’y retrouver? Est-ce qu’on ne va pas lâcher un relatif confort d’administration et de navigation pour se retrouver avec un machin que personne n’aura le temps ni l’envie de faire vivre, et qui va vieillir avant même d’être en ligne? Est-ce que je vais faire perdre du temps et de l’argent au SCD, à l’Université, au contribuable? Et pourquoi une décision après tout pas si importante (c’est vrai quoi, je décide pas d’envoyer des troupes en Afghanistan) m’empêche de dormir?

Peut-être que j’ai juste besoin de partir en congé maternité…

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Pourquoi tenir un blog?

par Rob Van Hilten (licence CC)

La question m’a longtemps taraudée, et tout en y songeant, j’ai eu le temps d’ouvrir 2 ou 3 blogs différents (vous pouvez vous amuser à les chercher, vous verrez c’est un parfait contre-exemple de gestion de réputation numérique), j’ai eu le temps de les laisser mourir, et de les oublier, sans jamais réussir à trouver des raisons convaincantes à leur tenue.

Parmi les arguments qui dominaient mon indécision, on trouve quelques poncifs tels que:

  • je vais me ridiculiser
  •  je n’ai rien à dire qui n’ait déjà été dit (mais alors pourquoi je suis si bavarde dans la vraie vie)
  • je vais participer à l’infobésité
  • j’ai une orthographe épouvantable.
  • écrire un blog sur quoi d’abord?

La raison manifeste est pourtant toute autre: une sacrée flemme couplée à la peur de ne pas y retrouver mon écot.

Oui,  c’est moche.

Mais voilà, il y a 15 jours j’ai été voir une conférence organisée par la Médiathèque de Poitiers et animée par Pascal Desfarges, avec l’intempestif Thierry Crouzet sur la thématique  « L’impact du numérique dans nos relations humaines ». L’air de rien cette rencontre a secoué mes vieilles connexions et j’ai quelque peu évolué dans mes considérations.

La conférence en elle-même était un troublant moment d’humanité: j’y ai senti une tension étonnante pour une conférence de fin de journée en bibliothèque. Le numérique est là, dans nos vies, tout aussi matériel que notre cuisine ou notre salle de bain, il remplit ses fonctions, quand bien même seraient-elles encore à définir, et quelques en soient les modalités. Mais le numérique désempare surtout: on ne sait pas comment l’utiliser, les bonnes et les mauvaises pratiques (morales, techniques, économiques) se croisent sans jamais faire l’unanimité. Bref, le débat était au rendez-vous.

Et dans ce joyeux bazar que représente le web, qu’est-ce que propose Thierry Crouzet? il nous invite à créer encore plus de liens: et c’est là, dans cette proposition finalement assez simple, que j’entrevois ma petite révolution.

Créer plus de liens, c’est quoi?

Créer plus de liens, c’est avant tout créer du contenu. C’est poser une trace, sa propre trace qui dessinera un morceau du territoire web. Et surtout, c’est proposer ses propres chemins vers d’autres contenus. C’est oeuvrer pour créer le web.

Créer plus de liens pourquoi?

Parce que le jour où Google nous aura rendus tous accrocs, il fera payer le service. Et ce jour-là, on sera content d’avoir participé à des blogs, des wikis, des sites qui créent d’autres chemins que la voie impériale « Google ». « Créer des chemins d’individuation » pour citer Crouzet.

Et si je ne suis pas lue?

C’est que tu es une grosse quiche!! Oui, mais une grosse quiche qui tient un blog, c’est déjà presque une tarte et derrière on sent pointer la patisserie, voire la cerise sur le gâteau; quand la guerre de Google contre tous sera déclarée. Oui, parce que Google sera bientôt (en fait l’est déjà) l’équivalent de nos agences de notation, ceux pour qui on vendra pairs et maires.

Non, sans rigoler, si je ne suis pas lu(e), ce n’est pas grave, puisqu’il s’agit de réaliser des circuits parallèles qui nous serviront bientôt, quand Google sera vraiment méchant.

Pour faire un lien justement, et même s’il est osé: j’ai cru entrevoir sur le web (en fait, chez affordance), une analyse autour d’une confrontation qui s’opérerait entre deux logiques, d’une part celle du classement (les annuaires, les rayonnages de bibliothécaires, l’archivage) d’autre part celle de la requête (les moteurs de recherche en très gros): la requête n’étant pas uniquement un calcul, mais aussi une vision du monde,  à la différence du classement ou de l’archivage, ses principes invisibles (la forme de l’algorithme) la font passer pour une réponse objective à la recherche: en somme les autoroutes Google, Facebook ou Microsoft nous font passer des subjectivités pour des lanternes. Elles s’opposent par là, aux petits ruisseaux que nous créons avec nos consciences externalisées (selon les mots de Crouzet).

Pour revenir au propos de ce dernier, il était évidemment bien plus complexe que j’ai pu le laisser entendre, et parfois même, il me semble, contestable: je suis pas exemple instinctivement opposée à sa conception du nomadisme virtuel, qui me semble être plus une invention poétique qu’une réalité.  Thierry Crouzet l’énonce d’ailleurs lui-même, ce qu’il nous manque aujourd’hui c’est un grand récit: une théogonie, une cosmogonie, en fait, un récit fondateur de l’ère numérique.

Une interrogation subsiste néanmoins après cette soirée:  si créer des liens permet de combattre les concentrations de services chez les cyclopes numériques, comment éviter que la problématique de la concentration se retrouve ailleurs? dans les tuyaux (parce qu’il faut de l’argent pour les maintenir ces tuyaux…) dans les data centers… etc.

Réflexion à suivre…

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